Skip to content

Introduction Dune Dissertation Sur Largumentation Indirecte

D'une manière générale...

Une introduction de dissertation doit toujours amener le sujet, le donner, l'interroger et indiquer les futures parties de la dissertation.

On retient donc que l'introduction se compose des 3 éléments suivants :

  • de quelques mots pour arriver au sujet et l'interroger

  • du sujet donné

  • de l'annonce du plan qui sera suivi dans la dissertation.

Combien de lignes faut-il faire ?

Etant donné que vous devez recopier le sujet et la citation – s'il y a une citation – le nombre de lignes de l'introduction varie en fonction du sujet donné. Au bac, ne faites pas une introduction de plus de douze lignes. Entre sept et dix lignes semble raisonnable pour une écriture moyenne.

Quand faire l'introduction ?

L'introduction est évidemment ce que l'examinateur lira en premier de votre copie. C'est le paragraphe qui débute votre copie. Pourtant c'est la dernière chose que vous faites sur votre brouillon !

Cela signifie que c'est APRÈS avoir analysé longuement le sujet que vous pouvez faire une introduction de dissertation. Certainement pas AVANT !

Comment faire ? Comment trouver quelques mots « pour arriver au sujet et l'interroger » ?

Nous allons vous montrer comment faire dans cette fiche à travers un exemple. Pourtant il est vrai que c'est difficile pour des lycéens, surtout pour ceux qui ne sont pas en filière littéraire. Si vous n'y arrivez pas, sachez que ce n'est pas très important. Ne perdez pas trop de temps là-dessus et laissez tomber ces détails qui ne rapportent pas beaucoup de points. Ce qui compte, c'est surtout la suite : le contenu de la dissertation !

Pour une copie de bac, les examinateurs attendent toutefois le minimum, c'est-à-dire le sujet donné et le plan de votre dissertation.

Retenez donc que pour une introduction de dissertation au lycée, on exige : le SUJET recopié + L'ANNONCE du plan de la dissertation.

Voyons un exemple pour bien comprendre...

SUJET

Le recours à la fiction (fable, conte philosophique, portrait satirique, roman-fable, etc) permet-il vraiment de dénoncer efficacement les défauts des hommes ?

ANALYSE DU SUJET

Le sujet ne contient pas de citation. C'est un sujet de réflexion qui pose directement une question à propos du « recours à la fiction » et des « défauts des hommes » qu'on souhaite « dénoncer ». Il indique des exemples de « recours à la fiction » : la fable, le conte philosophique, le portrait satirique, le roman-fable. Tous ces genres littéraires sont des genres argumentatifs qui utilisent de la fiction, c'est-à-dire des histoires inventées, pour faire passer un message.

Le sujet évoque « les défauts des hommes ». Le message à faire passer à travers ces genres argumentatifs littéraires porte donc sur cela : les vices et faiblesses des humains. On pense par exemple tout de suite à La Fontaine qui utilisent des animaux dans ses fables pour se moquer des hommes curieux, stupides, prétentieux, etc.

Enfin le sujet demande si ces fables, contes et autres genres littéraires sont efficaces. C'est là-dessus que s'articulera toute la réflexion de la dissertation dans un plan dialectique. On peut en effet spontanément dire que oui, la fable dénonce efficacement les défauts des hommes. Mais on peut répondre aussi que ça ne marche pas toujours, que ce n'est pas toujours efficace ; on peut aussi préciser que parfois il est plus efficace de s'exprimer directement, par exemple dans un discours politique, plutôt qu'à travers une histoire inventée.

INTRODUCTIONS POSSIBLES

Prenons trois élèves A, B et C.

Tous trois sont arrivés au même plan de dissertation, un plan dialectique (voir sur le site la fiche Comment faire une dissertation si vous ne savez pas ce qu'est un « plan dialectique »).

Ces trois élèves font un plan très simple en 2 parties. Dans la première partie, ils vont aller dans le sens de l'affirmation du sujet. Dans la deuxième partie de la copie, ils vont montrer toutes les faiblesses de cette affirmation. En gros, ils vont dire « Oui » puis « Mais ».

L'élève Acherche des idées pour l'introduction mais se rend compte qu'il n'y arrive pas bien. Il va donc se contenter du minimum exigé pour ne pas perdre de temps sur l'ensemble de son travail. Et il a raison ! Son introduction est courte, un peu maladroite,mais ne peut pas le pénaliser. Elle est acceptable, surtout si c'est un élève d'une filière technologique.

L'élève Bréussit à expliquer le sujet de la dissertation en fonction de son cours. Il repère en effet qu'on oppose dans le sujet la fiction et la réalité. Il reconnaît alors l'opposition vue en classe entre les genres argumentatifs qui relèvent de l'argumentation indirecte, et ceux qui relèvent de l'argumentation directe.Cet élève parvient par conséquent à rédiger quelques mots pour présenter le sujet et l'interroger. Son introduction est très satisfaisante car le sujet est analysé.

L'élève Créussit lui aussi à expliquer le sujet de la dissertation en fonction de son cours. Il cherche d'emblée à donner du sens à ce sujet et réagit sur les « défauts des hommes ». Son introduction est très satisfaisante car le sujet est analysé.

PS : nous avons mis en évidence en bleu sombre et en gras la reprise du sujet. L'annonce du plan de la dissertation figure en vert. Bien entendu, vous, vous n'utilisez qu'une seule couleur pour toute votre copie (tout en bleu ou tout en noir). Pensez aussi à faire un alinéa, par exemple de trois carreaux, comme pour chaque paragraphe de votre dissertation.

DEBUT DE LA COPIE DE l'élève A

          Le recours à la fiction (fable, conte philosophique, portrait satirique, roman-fable, etc) permet-il vraiment de dénoncer efficacement les défauts des hommes ?Nous verrons dans une première partie que la fiction peut effectivement dénoncer efficacement les défauts des hommes. Nous étudierons ensuite les limites de ce recours à la fiction.

DEBUT DE LA COPIE DE l'élève B

Un auteur qui souhaite dénoncer les défauts des hommes a le choix. Plusieurs genres argumentatifs sont à sa disposition. Certains relèvent de la fiction et de l'argumentation indirecte comme la fable ou le portrait satirique ; d'autres s'ancrent dans la réalité et l'argumentation directe tels que le discours ou l'essai. On peut alors s'interroger sur l'efficacité de ces différents outils. Le recours à la fiction (fable, conte philosophique, portrait satirique, roman-fable, etc) permet-il vraiment de dénoncer efficacement les défauts des hommes ?Nous verrons dans une première partie que la fiction peut effectivement réussir à dénoncer les vices et faiblesses de l'espèce humaine. Dans une seconde partie, nous montrerons les limites du pouvoir de la fiction et étudierons l'efficacité des autres genres argumentatifs.

DEBUT DE LA COPIE DE l'élève C

L'Homme est loin d'être parfait et ses défauts sont nombreux : il peut être avare, prétentieux, frivole, cruel, cupide, flatteur, etc. Pourtant il aspire aussi à se corriger et est capable d'entendre les critiques. C'est ainsi que des auteurs peuvent mettre en scène les défauts humains à travers des histoires inventées. Cependant est-ce le meilleur moyen de se faire entendre ?Le recours à la fiction (fable, conte philosophique, portrait satirique, roman-fable, etc) permet-il vraiment de dénoncer efficacement les défauts des hommes ?Dans un premier temps, nous prouverons la force de la fiction, capable effectivement de dénoncer les vices et faiblesses de l'espèce humaine. Nous verrons ensuite les faiblesses de ce recours à la fiction, en particulier lorsqu'on la compare à la réalité, sur laquelle s'appuient les genres littéraires relevant de l'argumentation directe.

Autre situation :

Comme vous le savez, le sujet peut contenir une citation (voir sur le site la fiche générale Comment faire une dissertation ?).

C'est le cas par exemple dans le sujet suivant.

SUJET

"Moi, je veux me fâcher et ne veux point entendre" dit Alceste, personnage du Misanthrope de Molière (1666). Pensez-vous justement que l'expression du conflit au théâtre peut se passer de mots ? Ou bien estimez-vous que le théâtre présente aussi une dimension purement littéraire ? Vous mènerez une réflexion sur ce sujet en exploitant le corpus donné ainsi que vos lectures et expériences personnelles du théâtre.

REMARQUES IMPORTANTES

1/ Bien entendu, vous ne recopiez pas la partie "Vous mènerez une réflexion sur ce sujet en exploitant le corpus donné ainsi que vos lectures et expériences personnelles du théâtre".

Ce ne sont là que des consignes pour réaliser le devoir. Ces mots n'apportent rien à la réflexion. Ils ne doivent donc pas se trouver dans votre introduction de dissertation !

2/ Autre remarque : le "vous" qui est utilisé dans le corps du sujet est aussi à modifier. En effet, vous devez faire comme s'il n'y avait pas de devoir, comme si vous n'étiez pas en train de faire un exercice. En résumé, c'est vous qui menez entièrement la dissertation en vous abritant derrière des tournures impersonnelles.

Ainsi les questions :

Pensez-vous justement que l'expression du conflit au théâtre peut se passer de mots ? Ou bien estimez-vous que le théâtre présente aussi une dimension purement littéraire ?

deviennent :

L'expression du conflit au théâtre peut-elle se passer de mots ? Ou bien le théâtre présente-t-il aussi une dimension purement littéraire ?

3/ La citation donnée et la reformulation du sujet semblent distinctes. Si vous pensez en être capable, essayez alors d'ajouter des liens, c'est-à-dire quelques mots pour accompagner le passage de la citation aux questions.

Voici ce que ça donne : « Moi, je veux me fâcher et ne veux point entendre » dit justement Alceste dans Le Misanthrope de Molière, représenté en 1666. Il semble ainsi affirmer qu'on peut se fâcher sans faire de phrases ni les entendre. Sans doute. Mais n'est-ce pas une vision réductrice de la dimension théâtrale ? Nous nous demanderons donc si l'expression du conflit au théâtre peut réellement se passer de mots.

Bien entendu, ceci ne vous dispense pas de rédiger quelques lignes qui amènent le sujet ! Ici, contrairement à l'exemple précédent, vous n'avez pas besoin de vraiment l'interroger car les questions qui suivent la citation reformulent et interrogent ce sujet. En revanche, vous pouvez créer "un chemin" pour arriver à la citation.

Ici il s'agit d'un personnage de Molière. L'introduction portera donc non seulement sur le sujet (l'expression du conflit au théâtre) mais se rapprochera également d'une introduction de commentaire composé : en entonnoir, pour partir de considérations générales sur le théâtre au XVIIe et aboutir à la pièce du Misanthrope de Molière, de laquelle est extraite la citation.

Ainsi, l'introduction complète pourra ressembler à ceci :

           Le XVIIe siècle a marqué un tournant dans l'histoire du théâtre français. C'est en effet à cette époque que les règles du théâtre classique sont fixées, avec la règle des trois unités et les principes de vraisemblance et de bienséance. Surtout, c'est à ce siècle qu'écrivent de grands dramaturges tels que Racine, Corneille et Molière. Cet auteur, né Jean-Baptiste Poquelin, a composé de nombreuses comédies comme L'avare, Le Bourgeois gentilhomme, Tartuffe,Les Fourberies de Scapin, Le Malade imaginaire et bien d'autres encore. Souvent ces pièces mettent en scène des conflits : valets cherchant à tromper leurs maîtres, disputes amoureuses, opinions différentes entre les pères et leurs enfants à propos de leurs mariages, etc. Dans les pièces de Molière en particulier, et au théâtre de manière générale, les situations de conflit ne manquent donc pas. « Moi, je veux me fâcher et ne veux point entendre » dit justement Alceste dans Le Misanthrope de Molière, représenté en 1666. Il semble ainsi affirmer qu'on peut se fâcher sans faire de phrases ni les entendre. Sans doute. Mais n'est-ce pas une vision réductrice de la dimension théâtrale ? Nous nous demanderons donc si l'expression du conflit au théâtre peut réellement se passer de mots.Pour cela, nous verrons dans un premier temps comment on peut donner raison à Alceste et nous envisagerons le théâtre comme une scène sans paroles. Dans un deuxième temps, nous nous appliquerons à voir la dimension littéraire d'une pièce de théâtre, résultat d'un travail d'auteur. Enfin, dans une troisième partie, nous réfléchirons à la spécificité du théâtre, combinant texte et représentation.

Pour l'analyse de ce sujet et la rédaction complète de la dissertation, voir sur le site la fiche Dissertation rédigée (sur le conflit et le rôle des mots au théâtre).

VOUS SAVEZ DÉSORMAIS COMMENT FAIRE UNE INTRODUCTION POUR UNE DISSERTATION. MAINTENANT, ENTRAÎNEZ-VOUS !

L'argumentation au lycée

Dans la continuité du collège, on vous parle beaucoup d'ARGUMENTATION au lycée.

En classe de seconde, l'objet d'étude porte sur : « Genres et formes de l'argumentation au XVIIe et XVIIIe siècle ».

En classe de première, l'objet d'étude porte sur « La question de l'Homme dans les genres de l'argumentation du XVIe siècle à nos jours ».

Que faut-il retenir exactement ? Quel vocabulaire est à connaître ? Quelles notions sont à apprendre pour le bac ?

Cette fiche va vous aider à mieux travailler.

Quelles sont les attentes des examinateurs pour le bac ?

On attend de vous des connaissances et des compétences en matière d'argumentation.

Vous devez ainsi être capable de définir avec exactitude 3 verbes : ARGUMENTER, CONVAINCRE, PERSUADER. A l'oral du bac de français, l'examinateur peut vous demander par exemple de donner une définition précise de chacun de ces verbes et de fournir un exemple pour mieux vous faire comprendre.

Par ailleurs, vous devez savoir distinguer l'ARGUMENTATION DIRECTE de l'ARGUMENTATION INDIRECTE : non seulement définir ces notions mais être en mesure de dire si un document (texte ou image) relève de l'argumentation directe ou indirecte en justifiant avec précision votre réponse.

Vous devez aussi être sensible à la STRATÉGIE ARGUMENTATIVE de l'auteur : c'est-à-dire comprendre quels procédés stylistiques et argumentatifs il a utilisés pour défendre sa thèse.

Vous devez par conséquent être en mesure de dire quels sont les avantages, en matière d'EFFICACITÉ, de l'argumentation directe par rapport à l'argumentation indirecte et vice versa. Cette notion d'efficacité de telle ou telle argumentation constitue justement une matière à réflexion pour les sujets de dissertation.

Enfin, vous devez connaître les GENRES LITTÉRAIRES de L'ARGUMENTATION et être capable de parler de quelques oeuvres argumentatives vues en classe.

Bien entendu, si vous possédez des connaissances complémentaires, notamment sur la naissance de la rhétorique pendant l'Antiquité ou la distinction entre un « argument d'autorité » et un « argument ad hominem », c'est encore mieux ! Mais ce n'est pas indispensable ! Dans cette fiche, nous ne présentons que le minimum à connaître. Si vous avez le temps, n'hésitez pas à continuer d'explorer ces notions et à feuilleter votre manuel scolaire...

Convaincre et persuader, est-ce la même chose ?

Dans le langage courant, les gens utilisent les verbes « convaincre » et « persuader » comme deux synonymes. Cela signifie pour eux « faire en sorte que l'autre soit d'accord avec mon opinion ». En cours de français, on distingue cependant ces deux verbes et il ne faut surtout pas les confondre !

CONVAINCRE, c'est argumenter en avançant des arguments logiques.

PERSUADER, c'est argumenter en avançant des arguments affectifs.

Ainsi, quand on cherche à convaincre un interlocuteur, on fait appel à sa capacité de raisonnement en essayant de lui prouver qu'on a raison, d'une manière scientifique et indiscutable. On veut le CONVAINCRE.

Toutefois, on peut aussi avoir recours à des moyens qui vont l'attendrir, l'émouvoir, le surprendre, le faire rire, le révolter, etc, en un mot on peut enrober le discours d'autres effets qui n'ont rien de scientifique mais qui touchent cet interlocuteur. Ceci sert à le PERSUADER.

Par exemple, une publicité va souvent chercher à la fois à convaincre et à persuader ses futurs clients. La liste des avantages techniques de tel nouveau téléphone portable va vous CONVAINCRE. En revanche, la disposition des visuels sur la page de publicité et le joli paysage de rêve en arrière-plan (île paradisiaque par exemple) servent à vous PERSUADER que c'est ce téléphone-là qu'il vous faut !

Quels sont les autres mots à connaître pour l'argumentation ?

Le vocabulaire argumentatif est vaste mais, en plus des définitions de « convaincre » et « persuader » données ci-dessus, vous devez savoir définir sans erreur les mots suivants :

ARGUMENTER

C'est défendre un avis en exposant ses raisons, afin d'emporter l'adhésion de son interlocuteur.

Le sujet est appelé « le thème ». L'avis est nommé « thèse ». Les raisons qu'on avance sont des « arguments ». Les illustrations qu'on apporte pour rendre les arguments plus concrets sont des « exemples ».

DÉLIBÉRER

C'est peser le pour et le contre en vue d'une décision à prendre. La délibération s'appuie sur la réflexion après argumentation.

UN ÉLOGE

C'est un texte argumentatif qui vante les mériteset avantages d'une situation, d'un objet ou d'une personne.

UN BLÂME

C'est un texte argumentatif qui dénigre une situation, un objet ou une personne, insistant sur ses défauts.

Comment distinguer argumentation directe et argumentation indirecte ?

En cours de français, on vous demandera souvent si tel ou tel texte relève de l'argumentation directe ou indirecte et de justifier votre réponse.

Pour faire ce genre de travail, il faut donc distinguer ces deux notions et connaître leurs différentes caractéristiques.

Ne vous contentez surtout pas de dire « là, c'est de l'argumentation directe car l'auteur dit directement son avis » ou bien « là, c'est de l'argumentation indirecte car l'auteur dit les choses de façon indirecte ». Ce genre de phrases ne fonctionne pas ! Ce n'est pas cela qu'on attend de vous ; il faut être beaucoup plus précis.

Voyons ce qu'il en est.

FICTION OU RÉALITÉ ?

Selon si l'auteur prend clairement position en tant que personne réelle ou bien a recours à des personnages fictifs pour exprimer sa pensée, on dira qu'il utilise l'argumentation directe ou bien l'argumentation indirecte. La distinction entre ces deux types d'argumentation se fait donc sur la notion de réalité ou de fiction, ce qui implique bien entendu une pensée plus ou moins clairement exprimée, plus ou moins facile à comprendre pour l'interlocuteur et surtout une prise de responsabilité différente de la part de l'auteur.

DÉFINITIONS ET EXEMPLES

Argumentation directe

Un texte relevant de l'argumentation directe est un texte dans lequel l'auteur, dans un cadre réel, exprime clairement son opinion et assume les éventuelles conséquences de sa prise de position.

Ex : La lettre ouverte « J'accuse » de Zola publiée dans le journal L'Aurore en 1898.

Ce texte « J'accuse » relève de l'argumentation directe pour quatre raisons : le cadre réel d'écriture de ce texte + l'engagement personnel de l'auteur qui dit « je » + une pensée clairement exprimée + la responsabilité qu'il endosse en l'exprimant.

En effet, ce texte est publié dans le cadre de l'affaire Dreyfus qui a réellement eu lieu en France à la fin du XIXe siècle + l'auteur dit « je » et signe de son nom véritable sa lettre + il dit clairement sa pensée à savoir qu'il estime que Dreyfus est victime d'une injustice + il sait qu'il s'expose à des poursuites judiciaires en publiant cette lettre.

Argumentation indirecte

Au contraire, un texte relevant de l'argumentation indirecte est un texte dans lequel l'auteur, dans un cadre fictif, exprime son opinion ou la laisse deviner, à travers une histoire et des personnages qu'il met en scène.

Ex : La cigale et la fourmi dans les Fables de La Fontaine publiées en 1668.

Ce texte relève de l'argumentation indirecte pour une raison suffisante : il développe un cadre fictif.

En effet, dans ce texte il s'agit d'animaux qui parlent ; l'auteur a donc recours à la fiction.

Argumentation directe et argumentation indirecte peuvent-elles se trouver dans un même texte ?

Argumentation indirecte et argumentation directe peuvent se côtoyer dans un même texte ; certains passages relevant de l'argumentation indirecte, d'autres de l'argumentation directe. Pourtant le texte, envisagé dans sa globalité, appartient forcément soit à l'argumentation directe soit à l'argumentation indirecte (et non les deux). Il suffit pour cela de se placer à l'extérieur de l'oeuvre pour la considérer dans son entier.

Ex : Le renard et la cigogne dans les Fables de La Fontaine publiées en 1668.

Ce texte relève de l'argumentation indirecte pour une raison suffisante : il développe un cadre fictif avec des animaux qui parlent. Cependant la fable présente une morale explicite, prise en charge par l'auteur : « Trompeurs, c'est pour vous que j'écris : Attendez-vous à la pareille. ». Ces deux vers placés à la fin du texte exprime clairement la pensée de La Fontaine qui assume la responsabilité de ses propos en disant « je ». Dans ce texte, argumentation indirecte et argumentation directe se côtoient donc. Toutefois s'il faut identifier l'ensemble du texte, c'est une fable donc elle relève de l'argumentation indirecte.

Autre ex : Le loup et le chien dans les Fables de La Fontaine publiées en 1668.

En interne, à l'intérieur de la fable, le personnage du chien développe sa pensée, l'exprime clairement et dit « je », faisant l'éloge des avantages de la domesticité dans un contexte qui est sa réalité, à son niveau. Son discours relève donc de l'argumentation directe. Néanmoins, si on se place à l'extérieur du texte, il n'y a pas de doute : la fable Le Loup et le chien relève bien de l'argumentation indirecte puisque La Fontaine a recours à la fiction et met en scène des animaux qui parlent.

Qu'est-ce qu'un « genre argumentatif » ?

Tout texte littéraire peut permettre à un auteur d'exposer ses opinions et de les défendre.

Ainsi tous les genres littéraires sont susceptibles de contenir une part argumentative.

Par exemple, le roman L'étranger de Camus (XXe) critique le système judiciaire et dénonce la peine de mort ; la pièce de théâtre L'île des esclaves de Marivaux (XVIIIe) interroge les inégalités sociales de son époque et le poème Liberté de Paul Eluard (XXe) est un poème engagé qui invite à la résistance pendant l'occupation allemande de la seconde guerre mondiale.

Pour autant, le roman, le théâtre et la poésie ne sont pas considérées comme de purs« genres argumentatifs » car l'argumentation n'est pas leur objectif principal ; celle-ci passe en second plan derrière la narration, l'aspect comique, l'aspect esthétique, etc.

En revanche, il existe des genres littéraires dont la qualité première est de permettre une argumentation. Ces genres sont appelés « genres argumentatifs ».

Ils correspondent à des textes destinés à véhiculer des idées. Ces genres argumentatifs peuvent prendre plusieurs formes : article philosophique, fable, discours, conte, essai, portrait satirique, maxime, oraison funèbre...

Certains relèvent de l'argumentation directe, d'autres de l'argumentation indirecte.

Un extrait de théâtre, par exemple, ne peut donc pas être considéré comme un « genre argumentatif » ?

Attention ! Ce n'est pas aussi simple... Vous devez réagir selon la situation et vous y adaptez.

Si vous êtes face à un corpus et qu'il y a un extrait de théâtre parmi des genres argumentatifs (par exemple mis dans ce corpus aux côtés d'une fable et d'un article philosophique), n'hésitez pas à le considérer lui aussi comme relevant d'un genre argumentatif !

Dans ce cas, cela peut signifier que, pour cette étude, la pièce de théâtre en question présente une argumentation assez forte pour être considérée comme un genre argumentatif. Et l'extrait donné est assez représentatif du message contenu dans la pièce entière, permettant de bien cerner la thèse du dramaturge.

Autre possibilité : cela veut dire que l'extrait relève d'une argumentation qui a lieu non pas au niveau de la pièce et du dramaturge mais au niveau des personnages. L'un d'eux se lance par exemple dans une longue tirade pour argumenter, sous forme d'un discours. Dans ce cas-là, il faut donc se placer dans la réalité fictive mise en place dans la pièce, comme si le personnage était réel. N'oubliez pas : au théâtre il y a une double énonciation, à savoir un énonciateur-personnage mais aussi un énonciateur-dramaturge qui se cache derrière lui !

N'y a-t-il que des genres argumentatifs littéraires ?

Bien sûr que non ! Et n'oubliez pas d'ailleurs que dans le corpus du bac, vous pouvez avoir des images parmi les documents donnés ! Ainsi la caricature de presse, la publicité ou encore certains tableaux (comme Guernica de Picasso) sont des genres argumentatifs relevant de l'argumentation indirecte qu'on trouve fréquemment dans les corpus.

En dissertation, selon les cas, vous serez autorisé ou non à vous servir de genres argumentatifs non littéraires pour étoffer vos références. Lisez bien le sujet et les consignes.

Quels sont les genres argumentatifs de l'argumentation DIRECTE ?

De manière large, tous les genres littéraires relevant de l'argumentation directe peuvent être appelés « essai » ou « discours ».

L'ESSAI = un texte montrant la réflexion de l'auteur ainsi que son opinion dans le cadre d'une argumentation directe. Le mot vient du latin « exagium » qui signifie pesée. L'essai est une œuvre en prose qui restitue la pensée en mouvement d'un individu. Elle présente donc des hésitations, des anecdotes et donne souvent l'apparence d'une certaine spontanéité. C'est un ouvrage de réflexion qui ne prétend pas à l'exhaustivité et qui semble se contenter d'un destinataire unique.

L'essai peut prendre diverses formes : l'essai au sens strict, le traité, la maxime, le pamphlet...

L'essai est la forme littéraire choisie par Montaigne pour laisser vagabonder son esprit et réfléchir à des thèmes très divers. C'est une forme libre, difficilement définissable.

Ex : Essais de Montaigne (XVIe)

Le traité est un essai dont le champ de réflexion se concentre sur un sujet précis.

Ex : Traité sur la tolérance de Voltaire (XVIIIe)

Le pamphlet est une œuvre courte qui traite d'un sujet d'actualité, généralement politique, et l'aborde de façon extrême, avec haine et violence, pour faire scandale et libérer la pensée révoltée de l'auteur.

Ex : Napoléon le Petit de Victor Hugo (XIXe)

L'article philosophique est un essai court qui vise à définir une notion mais la présente de manière très subjective, dans une démarche argumentative.

Ex : article Paix de Damilaville dans L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert (XVIIIe) ; article Torture dans le Dictionnaire philosophique de Voltaire (XVIIIe)

La maxime et la sentence sont des textes très courts qui visent à saisir de façon condensée une pensée. Par leur brièveté, ils ne peuvent être exhaustifs ni construire un développement rhétorique.

Ex : Maximes de La Rochefoucauld (XVIIe)

Autre forme de genre relevant de l'argumentation directe : le discours.

LE DISCOURS = un texte écrit, destiné à être lu à voix haute ou publié et qui s'adresse à un large public afin d'emporter son adhésion. Le discours ne semble donc pas vouloir se contenter d'un destinataire unique mais au contraire cherche à convaincre et persuader le plus grand nombre. Contrairement à l'essai, il utilise forcément les techniques de la rhétorique, c'est-à-dire de l'art oratoire, en déroulant avec rigueur une pensée très structurée.

Le discours peut prendre diverses formes : le discours au sens strict, le sermon, la lettre ouverte...

Le discours est un texte rédigé avec soin et destiné à être lu devant une assemblée ou un large public.

Ex : Discours de réception du prix Nobel de Camus (XXe) ; Appel de l'abbé Pierre en hiver 1954 (XXe)

Le sermon est un discours religieux qui sert de discours de prédication, pour répandre la parole divine.

Ex : Oraison funèbre d'Henriette d'Angleterre de Bossuet (XVIIe) est un éloge + un sermon.

Le dialogue philosophique est un discours à deux voix permettant au lecteur d'assister à la confrontation de deux points de vue différents afin de se forger sa propre opinion.

Ex : Gorgias de Platon (antiquité : IVe siècle avant JC)

La lettre ouverte est une lettre destinée à une personne précise mais rendue volontairement publique par son auteur pour toucher le plus grand nombre.

Ex : Lettre ouverte « J'accuse » d'Emile Zola à l'occasion de l'affaire Dreyfus en 1898 : cette lettre est destinée à Monsieur Félix Faure, président de la République, mais publiée volontairement dans le journal L'Aurore.

Le manifeste est une œuvre théorique qui cherche à servir de référence à un groupe pour définir une nouvelle pensée.

Ex : Manifeste du surréalisme d'André Breton (XXe)

Quels sont les genres argumentatifs de l'argumentation INDIRECTE ?

De manière large, tous les genres littéraires relevant de l'argumentation indirecte peuvent être appelés « apologues ».

L'APOLOGUE = un court récit fictif, plaisant et porteur d'une valeur morale. Le mot vient du grec et désigne un récit court et allégorique, c'est-à-dire qui a un sens caché. Dans les apologues, les personnages sont stéréotypés, le cadre spatio-temporel est approximatif : l'histoire et donc la morale sont ainsi plus facilement réinvesties par le lecteur et peuvent traverser les siècles. Souvent les apologues présentent un aspect comique, dû notamment à l'exagération des caractères des personnages ou des situations.

On peut distinguer des nuances entre les différentes formes que peuvent prendre les apologues:

La fable est un apologue en vers. Elle existe dès l'antiquité et est très appréciée au XVIIe siècle.

Ex : Fables d'Esope (Antiquité) ; Fables de La Fontaine (XVIIe) ; Fables de Jean Anouilh (XXe).

Le conte de fées est un apologue qui relève du merveilleux. Sérieux et éducatif, il est très en vogue au XVIIe siècle.

Ex : Le petit chaperon rouge dans Les Contes de ma mère l'Oye de Charles Perrault (XVIIe).

Le conte philosophique est un apologue qui invite à la réflexion philosophique tout en présentant souvent un caractère comique, notamment à travers l'ironie. Ce genre est très prisé au XVIIIe siècle.

Ex : Candide de Voltaire (XVIIIe) ; Micromégas de Voltaire (XVIIIe).

Le roman fable est un conte philosophique d'une certaine longueur et appelé « roman » par son auteur. Il présente des personnages caricaturés, souvent des animaux, insistant ainsi sur le côté plaisant et léger de son propos.

Ex : La ferme des animaux de G. Orwell (XXe) ; Lorsque j'étais un œuvre d'art de Schmitt (XXe)

Le roman philosophique est proche du roman fable mais se donne davantage des apparences de réel et de sérieux. La réflexion y est souvent également plus approfondie.

Ex : Lettres persanes de Montesquieu (XVIIIe)

La parabole est un apologue porteur d'une morale religieuse. C'est un récit allégorique et imagé.

Ex : Parabole de la brebis égarée (Bible) ; Parabole de l'enfant prodigue (Bible).

L'utopie est un apologue présentant une société fictive idéale.

Ex d'utopies : L'Utopie de Thomas More (XVIe) ; l'Eldorado dans Candide de Voltaire (XVIIIe) ; l'abbaye de Thélème dans Gargantua de Rabelais (XVIe)

Une contre-utopie ou dystopie est le contraire d'une utopie. C'est un apologue présentant une société fictive cauchemar, celle que redoute l'auteur dans un futur plus ou moins proche.

Ex de contre-utopies : 1984 de George Orwell (XXe) ; Le meilleur des mondes d'Huxley (XXe)

Le portrait satirique se rapproche de l'apologue en ce qu'il brosse un portrait universel de caractère, destiné à être réinvesti par le lecteur.

Ex : Les Caractères de Théophraste (Antiquité) ; Les Caractères de La Bruyère (XVIIe)

Quels sont les OUTILS STYLISTIQUES de l'argumentation ?

Cela revient à savoir identifier les stratégies argumentatives des auteurs, en plus du choix qu'ils effectuent au niveau de l'argumentation directe / indirecte.

En plus des procédés stylistiques habituels (comparaison, métaphore, anaphore, allitérations, parallélisme de construction...), les auteurs disposent en effet d'une variété d'outils pour donner du relief à leur argumentation, qu'elle soit directe ou indirecte.

Dans les apologues, on trouve souvent des procédés comiques mais aussi, dans les apologues et les discours, le registre satirique pour se moquer d'une réalité sociale avec de l'ironie et des hyperboles.

Dans les récits argumentatifs on rencontre également tous les procédés liés à la narration pour dynamiser le propos, créer un effet de surprise et de chute, etc.

D'une manière générale, les auteurs utilisent une palette de tonalités : la tonalité pathétique pour émouvoir et attendrir l'interlocuteur, la visée moralisante et éducative appelée visée didactique, l'éloge et le blâme ou registre épidictique, le registre polémique qui cherche à interpeller violemment l'auditoire, etc.

L'art de la rhétorique

Pour rédiger leurs discours, les orateurs pensent au contenu de leur texte, aux arguments logiques et affectifs qu'ils peuvent mettre en avant (ceci se nomme en latin l' « inventio »).

Puis ils réfléchissent à la structure de leur texte (c'est la « dispositio »). Celle-ci se fait normalement en quatre parties (d'abord l'exorde qui capte l'attention du public ; puis la narration qui expose les faits ; ensuite la confirmation qui développe l'argumentation ; enfin la péroraison qui récapitule les arguments et conclut le discours).

En parallèle à « l'inventio » et la « dispositio », les orateurs soignent la rédaction ou « elocutio » c'est-à-dire les figures de style et les mots qui sauront créer de l'effet auprès du public.

Ils imaginent aussi les gestes qu'ils feront pendant le discours ; c'est l' « actio ».

Enfin ils passent à la « memoria » à savoir l'apprentissage de leur discours, pour le réciter et donner une impression de naturel voire d'improvisation devant l'auditoire.

L'ensemble de ces techniques remonte à l'Antiquité grecque au Ve s avant JC et s'appelle la rhétorique ou « art oratoire » ou bien encore « art du discours ».

N'hésitez pas à relire cette fiche plusieurs fois et à vous entraîner !