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Le Protectionnisme Dissertation Titles

Le protectionnisme est l'ensemble des stratégies de protection de la production nationale visant à renchérir, décourager voire interdire les importations de matières premières (20% du commerce de marchandises) — en général agricoles — ou de produits manufacturés (80% du commerce de marchandises) voire de services (20% des échanges totaux).

Le protectionnisme a longtemps été la règle dans le commerce international, théorisé notamment par les auteurs mercantilistes du XVIe au XVIIIe siècles. Son démantèlement via l'instauration du libre-échange, d'abord par la seule Grande-Bretagne (abolition des corn laws en 1846 par Robert Peel), puis par l'ensemble des pays industrialisés voire émergents après 1945, a été le moteur de la mondialisation contemporaine. Depuis 1945 les seules exportations de marchandises ont été multipliées par près de 200 en valeur ; elles ont toujours crû à un rythme supérieur à celui de la production mondiale.

Dans sa dimension économique la mondialisation peut être décrite comme une internationalisation des échanges par la création d'un marché mondial des biens et des services mais aussi du capital et du travail. Son socle idéologique est le libéralisme qui depuis la première formulation par David Ricardo de la théorie des avantages comparatifs en 1817 — tout pays a intérêt au libre-échange, même s'il n'a d'avantage absolu nulle part, ou même s'il a un avantage absolu partout — prescrit l'abolition de toutes les barrières aux échanges et la non-intervention de l'Etat entre autres dans le régime des importations : il en résulterait une allocation optimale des facteurs de production à l'échelle mondiale qui favoriserait la croissance et le développement.

Dès lors le protectionnisme apparaît en première analyse comme incompatible avec l'internationalisation de l'économie puisque c'est son démantèlement qui a catalysé celle-ci.

Au demeurant, le libre-échange n'engendre-t-il pas des contradictions, soit des externalités négatives – des coûts cachés – comme des tensions socio-politiques susceptibles de donner au protectionnisme un " avenir " c'est-à-dire un nouvel attrait voire une nouvelle légitimité, mais sous des formes peut-être différentes de celles historiquement dominantes ?

I. L'internationalisation de l'économie est à première vue la conséquence d'un abandon apparemment irréversible des différentes formes de protectionnisme

A. Certes à la Belle Epoque dans un contexte de fort protectionnisme l'économie mondiale était déjà en quelque sorte internationalisée
  1. L'internationalisation financière est déjà une réalité qui précède la libéralisation du commerce : elle est rendue possible par la généralisation du Gold Standard (adopté en 1897 par le Japon ou la Russie, en 1900 par les Etats-Unis) ainsi que par l'abondance des investissements européens à destination des pays neufs (Etats-Unis), des colonies (Egypte) ou semi-colonies (Empire Ottoman). Barry Eichengreen évoque une courbe en U des marchés financiers : pris dans leur dimension financière, les marchés semblaient plus intégrés vers 1880 que vers 1980.
  2. L'internationalisation passe aussi par la migration des actifs notamment de l'Europe vers les Nouveaux mondes américain et océanien : entre 1880 et 1914, l'Irlande, la Suède et l'Italie – alors des pays à bas salaire – perdent plus de 10 % de leur population en dépit d'une forte fécondité. La grande migration transatlantique des Européens fait baisser les coûts salariaux aux Etats-Unis et pousse à une revalorisation des rémunérations sur le Vieux continent. A noter cependant que ces mouvements d'actifs sont limités à l'Occident : les Chinois par exemple sont précocement bannis de l'eldorado américain (Chinese exclusion act de 1882).
  3. Le protectionnisme (tarif Méline de 1892 en France (de 15 à 30% ad valorem), Dingley aux Etats-Unis en 1897) souvent inspiré par le modèle dit " éducateur " de Friedrich List (Allemagne, Etats-Unis) n'empêche pas une hausse du taux d'ouverture des économies : entre 1870 et 1914 les exportations passent de 9% à 16% du PIB mondial. Les matières premières, agricoles en particulier (la France de 1900 importe du blé russe), circulent largement ce qui permet une première convergence des prix mondiaux : en 1870, le blé est vendu 57,6 % plus cher à Liverpool qu'à Chicago ; en 1913, l'écart n'était plus que de 15,6%. Les premières entreprises multinationales comme Siemens disposent de réseaux commerciaux mondiaux qui écoulent leurs marchandises – des locomotives, de l'acier… – sur différents marchés.
B. Mais l'internationalisation dans sa dimension proprement marchande doit attendre le nouveau paradigme libre-échangiste de la seconde moitié du XXe siècle.
  1. Après 1945, les Etats-Unis en situation de quasi monopole ricardien pour l'ensemble des biens industriels promeuvent un désarmement douanier. Le cadre en est l'Accord général sur les droits de douane et le commerce (AGETAC ou GATT) créé le 30 octobre 1947 et seul en lice après l'échec de l'Organisation Internationale du Commerce en 1950. Huit " rounds " ou cycles de négociation entre 1947 et 1994 permettent d'abaisser les droits de douane de 40% en moyenne à la création de l'OMC à 4% en 1995. Par ailleurs le nombre de signataires n'a cessé de s'étendre, passant de 23 pays en 1947 à 128 en 1995 et 160 en 2014. L'ensemble de la planète souscrit à l'observation formulée par Vilfredo Pareto (1848-1923) : " La protection ne crée pas la richesse, au contraire elle la détruit. Ce qu'elle donne aux uns ne saurait donc qu'être enlevé aux autres et c'est une absurdité de croire que tout le monde pourra recevoir quelque chose sans que personne ait rien à payer ".
  2. A ce cadre multilatéral s'ajoute la création d'organisations régionales commerciales (ORC) pratiquant en interne un libre-échange plus ou moins poussé : CEE (1958), ALENA (1994), MERCOSUR (1995), AFTA (2002) pour les plus connus, BENELUX (1948), CAN (1969), CARICOM (1973), SADC (1992), UEMOA (1994) pour de plus confidentielles… La CEE/UE est allée le plus loin en faisant disparaître outre les droits de douane entre ses membres (1968 : naissance du Marché commun) les obstacles non tarifaires par le principe de réciprocité des normes qui régit le Marché unique depuis 1993.
  3. Le désarmement tarifaire depuis 1945 a connu deux séquences historiques : de 1945 à 1980 tout d'abord, le paradigme keynésien globalement en vigueur maintient des barrières douanières importantes en dépit des progrès des négociations commerciales multilatérales (NCM) du GATT telles le Kennedy round portant sur les produits industriels ou le Tokyo round (1973-1979) dédié au démantèlement des obstacles non tarifaires. A partir de 1980 cependant, la vague néo-libérale contribue à l'invalidation intellectuelle et au démantèlement du protectionnisme. Le consensus de Washington force l'ouverture des marchés des pays en voie de développement (PED) jusque-là adeptes du modèle ISI (industrialisation par substitution des importations) théorisé par l'économisme argentin Raoul Prebish dans le cadre du " désarollisme ". La chute du Mur élargit l'aire du marché mondial à l'ancien bloc communiste : la Chine (2001) ou la Russie (2012) finissent même par intégrer l'OMC. En 2012, la Chine réalise 11% des exportations mondiales soit plus que les EU (8,5%) la même année mais moins que la Grande Bretagne en 1913 (18,5% !).
C. Différents leviers contribuent à l'internationalisation de l'économie contemporaine, pas tous liés à la croissance du commerce mondial
  1. Certes l'internationalisation passe par une croissance des échanges plus rapides que celle de la production mais principalement en raison d'une nouvelle organisation de celle-ci. Durant les Trente glorieuses les échanges croissent presque deux fois plus vite que la production. La crise de 1973 ne se traduit pas du tout par un repli des échanges commerciaux. En 2012 les échanges de biens et services pèsent un tiers du PIB mondial contre moins de 20% en 1985. Ces chiffres sont en partie un trompe-l'œil. A partir des années 1970 se met en place une Nouvelle division internationale du processus productif (NDIPP) qui tire les conséquences du théorème HOS (Heckscher-Ohlin-Samuelson) et multiplie les échanges " intra-firmes" réalisés entre des entreprises dépendant d'une même firme. Plus des deux tiers des échanges mondiaux sont réalisés à présent au sein des quelque 82 000 entreprises multinationales (contràlant 810 000 filiales) ou entre elles et leurs fournisseurs. La segmentation de la production en fonction d'un gradient de coût du travail le long d'une " chaîne de valeur " (Porter, 1986) mondiale est ainsi en soi à l'origine d'une augmentation des flux marchands. Notons que la baisse des coûts qu'autorise la NDIPP conduit mécaniquement les industriels à une préférence pour le libre-échange.
  2. Mais l'internationalisation a pour principal moteur la multiplication des flux financiers davantage encore que le commerce international. La déréglementation facilite les mouvements de capitaux : en 2014, 90 % des échanges mondiaux sont des échanges de capitaux, les biens et services ne représentant plus que 10 % des échanges. Dès lors un éventuel retour au protectionnisme n'affecterait guère l'internationalisation de l'économie à l'ère de la globalisation financière. Sauf à considérer que des droits de douane plus élevés réduiraient les flux d'IDE manufacturiers, mais ceux-ci ne représentent qu'un faible pourcentage des échanges de capitaux : le volume des transactions sur le seul marché des changes (des devises) représente en 2013 5000 milliards de dollars par jour, soit deux fois la valeur annuelle des flux d'import-export de la RFA et 40 fois la valeur des IDE reçus par la Chine…
  3. L'internationalisation plus encore qu'une réalité est devenue une conviction quasiment idéologique que partage l'ensemble des élites politiques et du monde des affaires. Entre mille exemples, les classements des écoles de management et de gestion publiés chaque année depuis 1999 par le Financial Times accordent une place essentielle à ce credo : internationalisation du corps professoral, mobilité internationale des anciens élèves, etc. L'aspiration à l'internationalisation est devenue un mantra de la modernité et déborde le seul domaine commercial. A l'inverse, l'entre-soi national et le protectionnisme sont politiquement connotés : ils renvoient aux funestes souvenirs des années Trente et ont pour principaux promoteurs des partis extrémistes aux relents xénophobes.

II. Pour autant le protectionnisme non seulement n'a pas disparu – il a muté – mais il peut revenir d'actualité si s'aggravent les déséquilibres créés par l'internationalisation des échanges

A. Le protectionnisme est protéiforme et ses différents visages ne se sont pas effacés de la même façon du paysage économique
  1. Les pays émergents et en voie de développement restent globalement plus protectionnistes que les PDEM. Si les EU, l'UE et le Japon appliquent des droits de douane moyens en dessous de la moyenne mondiale de 4% (respectivement de 2,3%, 3,1%, 3,9%) les pays émergents sont autour de 10% (Chine 8,3%, Brésil 10,4%) voire bien au-dessus : l'Inde applique un tarif moyen de 15%. Mais ces chiffres varient eux-mêmes en fonction des exportateurs plus ou moins favorisés par un même pays importateur : l'UE en vertu de l'accord TSA (" tout sauf les armes ") traite les PMA soumis à un droit moyen de 0,8% bien mieux que ne le font les EU (droits moyens de 5%) et surtout le Japon (31,6%) qui applique des droits élevés sur les produits intensifs en main-d'œuvre. Enfin les variations sont considérables en fonction de la nature des produits : les produits agricoles sont beaucoup plus taxés que les produits manufacturés (l'UE leur applique des droits de 17,9%, le Japon de 35% dont 400% sur le riz) ; parmi les produits manufacturés le textile-habillement est le secteur le plus taxé (9,4% aux EU vs 1,1% pour l'ensemble des biens manufacturés).
  2. Il existe par ailleurs de nombreux obstacles non tarifaires aux échanges. Ceux-ci consistent d'abord en limitations quantitatives : licence d'importation, contingentements, quotas. De 1974 à 2005 (2008 pour la Chine) les Accords multifibres ont offert une protection relative à la filière textile des pays du Nord tout en garantissant à certains producteurs du Sud comme la Tunisie ou l'île Maurice un certain accès à leurs marchés. D'autres systèmes de quotas existent : le Japon en impose sur les chaussures en cuir et certains produits chimiques et pharmaceutiques ; les EU sur les produits laitiers ; la Chine en 2014 a autorisé l'importation de 34 films hollywoodiens, pas un de plus. Plus radicaux sont les prohibitions et embargos : la Russie en août 2014 décrète un embargo sur les produits agricoles en provenance de l'UE en riposte au gel des avoirs bancaires de certains dirigeants russes dans le cadre de la crise ukrainienne. Enfin les stratégies dites de " dumping monétaire " consistent à organiser ou laisser s'opérer une dépréciation de la devise locale pour doper la compétitivité prix des produits exportés et renchérir le coût des produits importés. Les pays de l'Europe du Sud y avaient couramment recours avant l'euro. La Chine avec son yuan notoirement sous-évalué en est adepte aujourd'hui, mais les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou le Japon n'y répugnent pas.
  3. Plus couramment encore, les obstacles dits non tarifaires s'identifient à des normes contraignantes et coûteuses : formalités administratives, réglementations sanitaires, vétérinaires, techniques visant à protéger le consommateur mais aussi les producteurs nationaux. Ainsi l'Union Européenne impose-t-elle depuis 1993 aux producteurs de biens manufacturés importés de s'engager à respecter les normes européennes en apposant le logo CE. Mais celui-ci n'est qu'une déclaration : les contràles se font a posteriori et seulement en cas de litiges déclenchés par des concurrents ou des associations de consommateurs. Aussi certains marchés exigent des normes plus sévères validées par des organismes indépendants : c'est le cas de la norme CB (certified body) reconnue par près de 50 pays industriels et délivrée par la firme de Cologne à la réputation mondiale, TÜV Rheinland. Mais l'UE n'est pas le seul " empire de la norme " (Zaki Laïdi) : le Japon impose des règles très spécifiques via le Japanese Industrial Standards Committee (JISC) interdisant par exemples certains cosmétiques sans aucune justification scientifique mais pour le plus grand profit du champion national, Shiseido. Quant aux Etats-Unis les normes fédérales y sont draconiennes, notamment en matière d'étiquetage et d'emballage, et redoublées par celles des Etats et des municipalités – soit 2700 instances au total ! - imposant le recours à des sociétés d'import-export locales familières de ce labyrinthe.
B. L'accroissement continu des échanges se heurtent à certains obstacles susceptibles de réactiver le protectionnisme
  1. Le glissement de l'activité industrielle vers le Sud et plus particulièrement vers l'Asie participe à un évidement manufacturier de l'Occident avec de multiples conséquences en termes de chàmage et de perte de savoir-faire. La part des actifs employés dans le secteur secondaire en France a ainsi été divisée par deux entre 1980 et 2010 passant de 24 à 12% ; l'industrie automobile américaine qui a employé jusqu'à 1,4 million de personnes en 1977 n'offrent plus que 1 million de postes en 2007. Or les emplois industriels qui disparaissent sont en moyenne plus qualifiés que les emplois de service moins exposés aux délocalisations et à la concurrence des produits importés ; d'autre part chaque poste dans l'industrie commande trois emplois tertiaires induits… Aussi la tentation protectionniste, notamment en période de crise reparaît : en 2009 alors qu'un pneu sur six vendus aux EU est d'origine chinoise (contre un sur vingt en 2004), Barak Obama impose aux pneumatiques chinois une surtaxe de 35% qui vient s'ajouter au droit de douane ordinaire de 4%. Pas moins de 120 mesures protectionnistes majeures ont été prises dans le monde durant l'année qui a suivit l'éclatement de la crise des subprimes en octobre 2008. Certains auteurs évoquent, pour s'en réjouir une " démondialisation " (François Lenglet, La fin de la mondialisation ou Hervé Juvin, La grande séparation, pour une écologie des civilisations) en cours. Mais globalement la course au tarif douanier n'est pas d'actualité. Les pays émergents disposent désormais de moyens de rétorsion dont la taille même de leur marché : la Chine est le premier marché mondial de l'automobile et seul un quart des acheteurs y choisissent un modèle chinois !
  2. La contrainte écologique sert cependant de catalyseur ou de prétexte politiquement correct à un regain de protectionnisme : en imposant des normes anti-pollution de plus en plus drastiques les pays développés éliminent de leur marché les produits d'importation qui ne les respectent pas ou bien contraignent les producteurs étrangers à s'adapter ce qui accroît leurs coûts. Ainsi l'UE en 2014 abaisse à 95g/km les émissions de CO2 autorisées pour les voitures particulières en 2020. Par ailleurs chemine l'idée d'une taxation douanière écologique – ad carbonem plutàt qu'ad valorem - pour lutter contre le dumping environnemental des producteurs du Sud qui ne sont pas soumis aux mêmes législations que les producteurs du Nord ce qui crée des distorsions de concurrence.
  3. L'échec du dernier cycle de l'OMC est patent. Il n'a réalisé que 10% de ses objectifs depuis son début en 2001, révélant ce que l'ancien directeur de l'OMC Pascal Lamy, prédécesseur de Roberto Azevêdo, appelle un " épaississement des frontières ", en clair un blocage du multilatéralisme. Tandis que les pays du Nord refusent le démantèlement de leurs subventions agricoles (400 MDS de dollars annuels pour les pays de la Triade) les pays du Sud refusent d'ouvrir leurs marchés des services : en Inde par exemple aucune grande enseigne de distribution occidentale ne peut s'implanter. Cependant se multiplient des accords bilatéraux entre deux Etats ou entre une organisation régionale commerciale et un Etat : EU-Chili (2004), Japon-Singapour (2010), UE-Maroc (ALECA en cours de négociation en 2014), EU-UE avec le Transatlantic Trade and Investment Partnership (TTIP) en cours de négociation. Le seul Maroc a ainsi signé depuis 1996 neuf traités de libre-échange. D'où le syndrome du " plat de spaghettis " (Jagdish Bhagwati, ancien conseiller au GATT) : ces accords forment des bulles commerciales sur la base de conditions préférentielles entre partenaires mais le nombre croissant d'accords de libre-échange complique leur application pour les entreprises. Il en résulte des coûts de transaction et d'information : l'entrelacement des accords de libre-échange freine l'échange !
C. Ce néo-protectionnisme est cependant appelé à revêtir des formes spécifiques ou furtives
  1. La mise en avant de " l'intérêt national " lors des appels d'offres pour les marchés publics. Elle s'impose dans le domaine du matériel militaire mais aussi de certaines activités liées à la souveraineté nationale : organismes portuaires et aéroportuaires, production et distribution d'énergie en particulier d'origine nucléaire… En 2005, GW Bush a invoqué la sécurité nationale pour bloquer la vente de la firme de raffinage californienne UNOCAL au géant chinois CNOOC. En 2006, Dubaï Ports World a dû renoncer à la prise de contràle très controversée de six ports américains (New York, Newark, Baltimore, Philadelphie, Miami, Nouvelle-Orléans). Mais la sécurité nationale n'est pas toujours en cause et les appels d'offre peuvent être réservés hors secteurs stratégiques. Ainsi en Chine la construction des routes et de nombreux ouvrages de génie civil n'est pas ouverte aux entreprises étrangères de BTP. Aux Etats-Unis, le Small Business Administration Act de 1953 permet de réserver les marchés publics d'un certain montant aux PME locales même si elles ne sont pas moins-disantes que les grandes entreprises nationales ou étrangères…
  2. L'essor des mesures anti-dumpinget des règles d'origine. Les accords de l'OMC comportent un certain nombre d'exceptions. En particulier, les signataires ont la possibilité de mettre en place des mesures antidumping en cas de concurrence déloyale. On parlera de dumping si une entreprise applique à ses produits un prix plus faible à l'exportation que pour le marché local. Depuis 1989 et surtout 2009 ces mesures se sont multipliées et " compensent " la baisse des droits de douane. L'UE a largement recours à ces droits dits compensateurs par exemple sur les vitrages solaires, les câbles en acier, les céramiques de table importés de Chine. Les règles d'origine, quant à elles, permettent d'attribuer une origine à un produit dont la fabrication ou les composants sont issus d'autres pays que le pays de provenance. Pour être considérées comme originaires d'un pays, les marchandises doivent avoir été obtenues dans ce pays soit entièrement, soit par " transformation suffisante " de produits non originaires de ce pays. La notion de transformation suffisante est différente d'un produit à un autre voire d'un accord à l'autre ! Ainsi des transformateurs électriques assemblés en UE à partir de composants asiatiques sont exportés au Mexique : ces produits, normalement taxés à 10 % de droits de douane, sont exemptés s'ils sont d'origine préférentielle UE. Pour emporter l'origine préférentielle, la règle de l'accord UE/Mexique exige que les matières non originaires ne doivent pas excéder 40 % du prix de vente départ usine du produit…

    Evolution des tarifs douaniers et des mesures antidumping (OMC)

  3. La résistance à la libéralisation des échanges de services. Un service a cinq fois moins de chance d'être exporté qu'un bien matériel. L'annexe 1B des accords de Marrakech instituant l'Organisation mondiale du commerce (OMC) est l'Accord Général sur le Commerce des Services (AGCS). Celui-ci est relativement restrictif : un pays membre de l'OMC n'est tenu de libéraliser que les activités de services sur lesquels il a explicitement donné son accord, en les inscrivant sur une " liste positive ". Un certain nombre de services publics comme l'éducation ou la santé n'ont pas dans ce cadre vocation à être ouverts à la concurrence international. Il existe cependant un projet d'accord dit TISA (Trade in Service Agreement ou ACS en français) négocié discrètement par les " Très bons amis des services ", un sous-groupe de 48 pays membres de l'OMC et inversant cette logique : seuls les secteurs cités explicitement dans les accords ne seront pas libéralisables. Mais depuis que l'ONG Wikileaks a donné en 2014 connaissance de ces négociations secrètes, celles-ci soulèvent de vigoureuses oppositions à la fois au sein des opinions publiques en Europe et sur la scène internationale où les émergents voient dans TISA un cheval de Troie pour conquérir leur marché intérieur de la banque ou de la distribution d'eau. Il est vrai que le commerce des services, plus encore que celui des marchandises touche à l'identité culturelle et revêt une forte dimension politique. L'audiovisuel reste par exemple fortement encadré dans un pays comme la France par les règles de " chronologie des medias " (un film ne peut ainsi être diffusé sur les différents supports videos que 4 mois après sa sortie en salle).

Depuis 1945, le libre-échange a accompagné la croissance mondiale et plus encore son imaginaire. Il n'a cependant pas révoqué toutes les formes de protectionnisme. D'une part, les pays émergents — à commencer par le premier d'entre eux historiquement, le Japon - ont largement appuyé leur développement sur une version actualisée du protectionnisme éducateur du XIXe siècle. D'autre part, les pays développés eux-mêmes ont sophistiqué les instruments du protectionnisme, notamment les instruments non-tarifaires comme les normes ou les règles d'origine. Plus subtilement au protectionnisme défensif traditionnel est venu s'ajouter un protectionnisme offensif fait de subventions publiques et de commandes d'Etat aux " champions domestiques ". La nouvelle vulnérabilité des pays du Nord révélée par la crise des subprimes mais aussi une sensibilité nouvelle à la question sociale au Nord (26 millions de chàmeurs en UE en 2014…) comme au Sud (cf. les 1200 morts de l'immeuble du Rana Plazza de Dacca en 2013), l'enjeu environnemental mondial enfin pourraient donner une nouvelle carrière à des formes plus explicites encore de protectionnisme. Certains économistes, certes un peu en marge, comme Jean-Luc Gréau ou Jacques Sapir l'appellent de leurs vœux. Même les grands pays émergents, attentifs à développer le moteur de leur demande intérieure plutàt que de continuer à dépendre de clients étrangers plus ou moins solvables, pourraient y trouver à terme leur intérêt.

Résumé de l'exposé

Actuellement, le libre-échange constitue la clé de voûte des échanges internationaux. Si le protectionnisme pose problème, le libre-échange ne comporte pas que des avantages. Certains de ses détracteurs comme les altermondialistes en dénoncent les méfaits, tandis que d'autres visent plutôt à en proposer des aménagements.

Dans un développement structuré vous présenterez dans une première partie les avantages du libre-échange, et, dans une seconde partie, les problèmes qu'il pose (...)

...

Sommaire de l'exposé

Introduction

I) Des avantages nombreux
II) Les problèmes posés

Conclusion

À propos de l'auteur

Vincent P.EtudiantThéories & notions économiques
Les avantages et les inconvénients du libre-échange
Niveau
Grand public
Etude suivie
ressources...
Ecole, université
RESSOURCES...

Descriptif de l'exposé

Date de publication
2009-07-20
Date de mise à jour
2009-07-20
Langue
français
Format

Word

Type
dissertation
Nombre de pages
3 pages
Niveau
grand public
Téléchargé
33 fois
Validé par
le comité de lecture

Les avantages et les inconvénients du libre-échange

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