Skip to content

Marcel Gromaire La Guerre Dissertation

Cet extrait de document est un document écrit sous la forme d’un journal de guerre par Marcel Poisot, docteur français de la Première Guerre Mondiale. Ce journal de guerre illustre l’expériencecombattante durant la Première Guerre Mondiale de 1914 à 1918. L’extrait choisi nous décrit une partie de la bataille de Verdun, du 25 Février au 23 Avril 1916, dans laquelle s’opposent les arméesfrançaise et allemande.
Après avoir lu ce document, nous pourrions nous poser la problématique suivante : Comment ce document rend-il compte de l’expérience combattante durant la Première Guerre Mondiale ?Pour répondre à cette problématique, nous étudierons dans un premier temps la nouvelle face de la guerre, puis, dans un second temps du moral des soldats.

L’auteur nous démontre dans cettepartie de son journal le nouvel aspect de la guerre, la Première Guerre Mondiale est aussi dite comme la première guerre industrielle, ce qui caractérise parfaitement « La Der des Ders ». Effectivement,la guerre de tranchée emploie une stratégie nécessitant un grand nombre de munitions d’artillerie : « 80 000 obus en quelques heures », sur un espace réduit : « 1000m de long sur 3 à 400 mètres deprofondeur », l’objectif étant de bombarder et de réduire au maximum les troupes adverses afin de permettre à l’infanterie d’avancer et de prendre la tranchée adverse, la fabrication d’obus devient doncprimordiale et se fait de façon industrielle. De plus, l’utilisation de gaz mortels et de lance flammes : « liquides enflammés et de gaz asphyxiants » rend cette guerre d’autant plus effroyable pourles soldats au front, le paysage est détruit et le champ de bataille devient un véritable chaos, un enfer : « On se demande comment des êtres vivants arrivent à se maintenir et à combattre dans unpareil enfer. ».

Cette nouvelle guerre est terriblement meurtrière et donne lieu à de nombreuses hécatombes. Pourtant, les soldats français tiennent bon, et l’auteur les glorifie et les encourage :...

Contexte historique

Pendant les hostilités de 1914 à 1918, dans tous les pays belligérants, les peintres, comme la grande majorité des artistes et des intellectuels, mobilisés ou non, participent avec sincérité à la culture de guerre en produisant des œuvres plus ou moins patriotiques. Mais compte tenu de l’extrême brutalité du conflit, et surtout de sa durée conduisant à de cruelles désillusions, certains de ces peintres tentent de représenter ce qu’ils perçoivent de la réalité en modifiant leur style pictural. La guerre moderne doit apparaître de manière moderne. Au milieu des années vingt les mouvements de remémoration et de célébration sont au cœur des préoccupations des artistes.

Analyse des images

Dans La Guerre, Marcel Gromaire a représenté cinq soldats casqués, engoncés dans des manteaux-cuirasses, dans une tranchée: trois attendent l’assaut éventuel ; les deux autres, observent le no man’s land par la fente d’une plaque d’acier. Avec des moyens plastiques proches du cubisme, il symbolise la lutte armée à l’échelle industrielle accomplie par des hommes-robots. Ces derniers apparaissent comme figés, se confondant presque avec le paysage (seule la couleur bleu horizon de leur uniforme les distingue de la paroi de la tranchée) au point de ressembler à des blocs de pierre, des statues colossales aux formes arrondies (les équipements) et abruptes. Seules les mains ont gardé une apparence humaine.

Interprétation

Les artistes n’échappent pas à l’évolution globale de la perception de l’affrontement et de sa terrible violence. Le temps du réalisme héroïque, des allégories patriotiques et de l’exaltation guerrière du début du conflit laisse progressivement place à diverses tentatives pour rendre compte de la souffrance et de la mort. La manière picturale se transforme, se débarrasse de ses oripeaux esthétiques, de son réalisme trompeur, les lignes se brisent, les couleurs éclatent, non pour représenter les détails du combat, mais pour donner à sentir autrement son horreur. Gromaire a peint ce tableau sept ans après la fin de la guerre, avec la distance d’une vision rétrospective fondée sur sa propre expérience d’ancien combattant. La composition générale, tout en renvoyant à la mécanisation et à la déshumanisation des affrontements, évoque également un de ces nombreux monuments aux morts construits dès l’immédiat après-guerre pour témoigner collectivement de l’hécatombe et ne pas oublier le sacrifice des soldats. Le corps massif et statufié de ceux-ci est devenu un monument funéraire. On voit bien, à travers cette œuvre de 1925, que le peintre est passé du consentement à la guerre au consentement à la célébration mémorielle.

Bibliographie

Stéphane AUDOIN-ROUZEAU et Jean-Jacques BECKER (dir.), Encyclopédie de la Grande Guerre, 1914-1918, Paris, Bayard, 2004.
Philippe DAGEN, Le Silence des peintres.
Les artistes face à la Grande Guerre
, Paris, Fayard, 1996 Kenneth E.
SILVER, Vers le retour à l’ordre.
L’avant-garde parisienne et la Première Guerre mondiale
, Paris, Flammarion, 1991.
Pierre VALLAUD, 14-18, la Première Guerre mondiale, tomes I et II, Paris, Fayard, 2004.

Pour citer cet article

Laurent VÉRAY, « La déshumanisation des soldats », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 11 Mars 2018. URL : http://www.histoire-image.org/fr/etudes/deshumanisation-soldats